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Seedance 2.0 : le Sénat US exige la fermeture immédiate
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Seedance 2.0 : le Sénat US exige la fermeture immédiate

Des sénateurs américains ordonnent à ByteDance de fermer son app IA Seedance 2.0, accusée de piller la propriété intellectuelle des créateurs.

Des sénateurs américains exigent la fermeture d'un générateur de vidéos IA chinois

ByteDance, la maison mère de TikTok (l'application de vidéos courtes utilisée par des centaines de millions de personnes), avait déjà suspendu le déploiement mondial de son nouveau logiciel ce week-end. Ça n'a pas suffi. Deux sénateurs américains, un républicain et un démocrate (ce qui est rare sur un sujet lié à la Chine), viennent d'envoyer une lettre au géant chinois pour exiger la fermeture pure et simple de l'application Seedance 2.0.

Selon eux, ce logiciel représente "une menace directe pour le système américain de propriété intellectuelle". En français courant : il vole le travail des créateurs.

Un outil qui crée des vidéos à partir de texte

Seedance 2.0, c'est un générateur de vidéos par intelligence artificielle. Vous tapez une description en texte ("Thanos combat Superman dans une ville en ruine") et le logiciel fabrique une vidéo réaliste en quelques secondes. Les résultats sont bluffants.

Trop bluffants, justement. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs ont partagé des créations montrant des combats entre personnages de films, des fins alternatives de séries télé, ou encore de faux affrontements entre acteurs célèbres. Des vidéos devenues virales qui ont mis le feu aux poudres.

Le problème est évident : ces personnages, ces univers, ces visages appartiennent à quelqu'un. Des studios de cinéma, des acteurs, des créateurs qui n'ont rien demandé et n'ont certainement pas donné leur accord pour que leur travail serve de matière première à un générateur automatique.

ByteDance dit ce qu'il faut dire, les sénateurs n'y croient pas

Après avoir suspendu le déploiement, ByteDance a publié un communiqué assurant qu'il "respecte les droits de propriété intellectuelle" et qu'il "renforce les protections". Les sénateurs qualifient cette promesse de "tactique pour gagner du temps et continuer à profiter du travail des autres."

Difficile de leur donner tort. La suspension temporaire ressemble à un repli stratégique plutôt qu'à un vrai changement de direction. Le logiciel existe toujours, le modèle d'intelligence artificielle est toujours entraîné sur les mêmes données, et rien ne garantit que les protections promises seront suffisantes.

Les studios de cinéma contre-attaquent

Le monde du cinéma ne reste pas spectateur. La Motion Picture Association (MPA), le puissant lobby qui représente les grands studios d'Hollywood (Disney, Warner, Universal...), a récemment envoyé une mise en demeure à ByteDance. Un geste qui préfigure probablement des poursuites judiciaires.

Côté lois, les deux sénateurs viennent de présenter un projet de loi qui donnerait aux artistes le droit de savoir si leurs oeuvres ont été utilisées pour entraîner un modèle d'intelligence artificielle. Concrètement, un acteur, un musicien ou un cinéaste pourrait demander : "Est-ce que mes films, mes chansons ou mes photos ont servi à nourrir votre logiciel ?"

C'est un levier potentiellement énorme. Aujourd'hui, personne ne sait quelles données les entreprises d'IA utilisent pour entraîner leurs modèles. Les créateurs découvrent après coup que leur travail a servi de carburant, sans compensation ni consentement.

Une question qui dépasse ByteDance

Cette affaire concerne tous les acteurs de l'intelligence artificielle générative (les outils capables de créer du contenu nouveau : texte, images, vidéos, musique). La question de fond est simple : peut-on entraîner un programme sur des oeuvres protégées par le droit d'auteur sans demander la permission ?

Jusqu'ici, les entreprises d'IA jouaient sur le flou juridique. Mais quand des sénateurs parlent de "menace constitutionnelle" et qu'Hollywood sort l'artillerie juridique, le cadre bouge.

Les prochains mois seront décisifs. Et si vous pensiez que cette bataille ne concerne que les États-Unis, détrompez-vous. En Europe, la loi sur l'IA (AI Act) impose déjà des obligations de transparence sur les données d'entraînement. Le sujet est mondial, et la pression ne fait que monter.

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